La sirène du lac noir 
Djihene Geiko
Février 2013





Une voix, un sentiment « euphorie ou douleur? » Je n'en avais pas encore conscience. Après quoi, le rideau de mes cils se lève, la comédie de la vie commence et je respire un air nouveau. La scène où je suis censée présenter mon spectacle est un immense labyrinthe dont la sortie est illusoire. Hélas, en cherchant

désespérément le fil d'Ariane (conçu pour retrouver le chemin libérateur), les spectateurs n'ont pas eu le temps

d'admirer longuement l'éclat d'une âme nouvelle. Me voilà donc, errante dans l'Erèbe, morte sans même avoir vécu. Pourtant, une voix, un sentiment, me poussent à aller de l’avant « curiosité ou naïveté? » la question reste posée. Dans ce vaste néant, il était là, cet alchimiste, comme unique spectateur.
Tapie dans l’ombre, je me voyais enfin à travers ses yeux limpides et cela me suffisait car j’existais enfin. Je pensais être unique pour lui: (ma sirène je ne te laisserai jamais partir) répétait-il sans cesse en m'enveloppant avec de piètres aberrations. Cependant, il attendait seulement que mon bonheur atteigne son apogée en vue de le transformer en pièces d'or et de rejoindre Charon « le passeur d'âmes gâtées ». Une fois que sa quête d'alchimiste était terminée, un silence horrible s'était installé dans mon for intérieur laissant un cran dans mon cœur sans pour autant le soigner. Contrairement à lui, je n'avais pas besoin d'obole pour me sentir en enfer. Je refoulais tout mon fiel jusqu'à me transformer en une flamme sulfureuse, plus puissante que Phlégéton; le fleuve du feu. Consumant toute mon humanité, éjectant tous mes combustibles maux à tel point qu'il ne restait de moi qu'un corps vide et froid. Dans un enfer muet sans émotion, je demeurais d'abord inerte parce que je vivais pour autrui et non pour moi même puis en essuyant les cendres ancrées dans ma peau j'avais gouté à l'eau de l'oubli, celle qui permettait aux âmes perdues de retourner sur terre et de recommencer une nouvelle vie. Une chose formidable s'était produite, en voyant mon reflet dans ce Léthé, j'y avais aperçu une magnifique sirène ornée d'or. D'emblée, j'avais nagé jusqu'au lac noir du Averne (l'entrée extérieure des enfers) après quoi, le rideau de mes cils se lève, la comédie de la vie commence et j'aspire à un air nouveau.

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